LA MINDFULNESS D’UN COUREUR DE 800M

23 octobre 2015 / By

Ou comment se détacher de ses pensées pour vivre pleinement son sport.

23 octobre 2015 / By

Au-delà de la dimension purement physique et physiologique que procure le sport, avec sa décharge d’adrénaline et d’endorphine. C’est un épanouissement personnel mental très fort.

Courir, courir vite. Se sentir fort et puissant, maîtriser cette force. Les longues heures de travail de musculation, de placement, d’endurance nous donne les armes pour devenir « invincible ». Lors des entraînements spécifiques, des courses parfaites, rien ne peut m’atteindre. Je rentre dans une dimension de pleine conscience. Pleine conscience de mon corps et de mon esprit. Je sais où je suis et pourquoi j’y suis. Je me sens plein et vide à la fois. Je ressens tout. J’ai totalement conscience de ce que je fais. J’ai cette sensation de maîtrise totale de mes jambes, de mes bras, de ma pensée. Le temps est au ralenti mais en même temps tout passe très vite. C’est une jouissance qui devient purement intellectuelle. Car le corps a mal.

Paradoxalement c’est donc cette douleur que je recherche quand je cours, car c’est elle qui m’élève dans cet état de conscience, de clairvoyance. Tout devient de l’ordre du réflexe et de l’intuition. Je reviens à des sensations primaires mais tellement différentes des pensées encombrées du quotidien. La douleur physique, le corps atteint sa limite, il est à la rupture. Toute ma concentration et mes pensées ne peuvent gérer tant de souffrance. Je sens tellement tout mon corps que je ne le sens plus.

Tout ressentir, tout vivre à 100%. Quelle autre activité permet cela ?

Seul face à soi-même c’est là qu’on se découvre. Qu’on découvre les capacités de son corps. La course m’ouvre à une sorte de spiritualité. Ce n’est pas tant le dépassement de soi, ou la recherche de la performance qui m’anime. Mais plus cette élévation de mon esprit, une sorte de super conscience, presque une foi. Malheureusement cet état là, on ne l’atteint pas toujours, mais c’est pour cela que je cours pour le retrouver, pour m’abandonner.

On dit rapidement et souvent sans comprendre que c’est le mental qui joue. « Il n’a pas de mental », « il est hyper fort mentalement ». Cette capacité qu’ont certains à se concentrer pour arriver à cet état de pleine conscience est la plus grande force que peut avoir un sportif de haut-niveau, au-delà même des capacités physiques. Je suis persuadé que c’est celle-ci qui permet la performance de très haut niveau. Pour ma part, je ne l’ai vécu qu’à l’entraînement. Je ne pense pas avoir vécu ma course parfaite en compétition. Pour rentrer dans cet état de transe, il faut être plus que prêt physiquement, par l’entraînement. Et ne pas être parasité par les éléments extérieurs : l’enjeu de la compétition, les adversaires, le public, le stress.

La gestion de nos pensées se travaille. Comme le reste.

Je pense qu’un athlète tout à fait prêt peut courir à 100% de son potentiel. Être en situation de pleine conscience peut lui permettre de courir au-delà de ses capacités physiques et ainsi de réaliser une performance extra-ordinaire. Cela soulève une question : comment déceler la performance hors du commun d’un athlète prêt en tout point, et la performance « aidée » ? Je n’ai pas la réponse. Mais le jour où j’aurai vécu ma mindfulness je serai en mesure de vous répondre… 

Sportivement vôtre

Paul Renaudie est un athlète français, spécialiste du 800 mètres. Il est vice champion de France Élite 2013 du 800 m. Il a également été champion de France Élite de 800 mètres en salle 2014. Son record personnel a été établi à 1’45 »85

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