Le sport : Un marché incarné par la diversité des modèles de gouvernance

4 juin 2015 / By

Le management des clubs dans l'Hexagone.

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Parfois absents, souvent transparents et quelques fois omniprésents pour les plus charismatiques, les présidents des entités sportives français nous laissent rarement indifférents. Malgré le machiavélisme et les manipulations mafieuses dont certains sont victimes… ou acteurs, les dirigeants de clubs réinventent le poste comme c’est le cas du président footballistique fan des réseaux sociaux. Mais existe- t-il vraiment modèle propice dans l’univers sportif ? Qu’elles sont les différents systèmes de gérance présents dans l’hexagone ?

Les rationalistes

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Quel le point commun entre Mourad Boudjellal et Jean Michel Aulas ? Principalement la nécessité à rendre son Club rentable mais aussi, la volonté de tordre le coup aux rumeurs clamant que l’investissement footballistique est étroitement lié à la perte économique. Tous deux ont pris les rênes de leurs clubs dans le deuxième wagon national et n’ont jamais oublié leur volonté première. Ces entrepreneurs (l’édition pour le sudiste et l’informatique et le B.T.P pour l’oligarque lyonnais) ont fait croitre leur club étape par étape en alliant les objectifs sportifs & financiers. Le leitmotiv des deux présidents reste le suivant : Plus un club gagne d’argent, plus il gagnera de matchs ; plus il gagnera de l’argent. Il y a donc une rationalité à long terme.

Pour le recrutement, la logique implacable reste la même, elle consiste à acheter de bons joueurs à une valeur moindre pour gagner plus de matchs. Le gain d’argent permettra d’acheter de meilleurs joueurs pour moins que ce qu’ils valent et ainsi de suite.

Ces deux présidents ont également permis d’accroitre la culture sportive et le dynamisme des villes Lyonnaise et Toulonnaise, absente avant les années 1990. Les lyonnais se déplaçaient chez le futur grand rival, à St Étienne, et les toulonnais n’avaient que quelques kilomètres pour aller voir les voisins montpelliérains. Souvent décriés et victimes de nombreuses d’attaques (justifiés ou non), ils restent quoi qu’ont en disent les locomotives françaises de leur championnat respectif.

Les « fantômes »

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Le rêve américain est peut-être à contrario celui qu’est en train de vivre Boris DIAW et Tony Parker. C’est souvent un placement financier, accompagné d’une certaine passion sportive qui amène les vedettes françaises du ballon orange à investir nos parquets hexagonaux. Ces têtes d’affiches influentes mais peu présentes (physiquement) jouent de leur aura auprès des politiques locaux afin de mener à bien leurs projets ambitieux (Ex : la construction d’une nouvelle salle à Lyon pour l’ASVEL). Mais leur valeur ajoutée est-elle quantifiable ? Et bien oui. Armé de ses colosses de NBA (Michael FINLEY & Corey MAGGETTE), Tony Parker a trouvé en eux de solides investisseurs pour le club de Villeurbanne. Des investissements plus qu’attendus par le club et par Bruno ROUSSET, PDG du groupe d’assurances April.

Même son de cloche chez le capitaine Français Boris Diaw dans la cité girondine. 

« Je suis là depuis quatre années, le but est de construire sur du long terme. Je connais les aléas des clubs sportifs. Il faut savoir reculer pour mieux rebondir. » Après deux années à boucler personnellement les budgets en fin de saison, l’objectif est de réaliser un budget – non terminé encore et sans doute à la baisse la saison prochaine – sans son apport. « Je ne sais pas qui aurait envie de le faire tous les ans. »

Et d’argumenter :

« Quand je suis arrivé, l’objectif était d’amorcer et en m’investissant personnellement et financièrement, j’espérais que les gens me suivent. J’ai fait une erreur en pensant que ça se ferait vite : les gens doivent d’abord apprendre à me connaître. Le club n’avait pas les reins assez solides pour aller si vite, peut-être d’ailleurs parce qu’on avait trop appuyé sur le fait que j’allais mettre la main à la patte. Aujourd’hui, le projet est de faire un club viable, qui va progresser étape par étape. C’est à nous de trouver des partenaires qui ont envie de s’associer pour aller vers l’avant. »

Avec l’entrée prochaine au Palais des Sports de Bordeaux comme « tournant important » après l’étape de cette dernière saison et le retour à la (petite) salle des Peupliers pour « plus de chaleur » qu’à Jean-Dauguet.
Cependant, pour ces deux champions, la délégation de la présidence (avec leur carrière outre atlantique) semble être un réel frein pour le développement de leurs clubs.

Les collaborateurs

11347941_10206989104625273_1950792471_oRare sont ceux qui auraient pu prédire cette success story, en 2006, lorsque la présidence de l’ASSE se divise entre Roland Romeyer, l’entrepreneur local, et Bernard Caïazzo, l’homme d’affaire touche à tout. La passion de l’ASSE les unis, mais cela n’empêche pas une communication très brouillonne et des luttes de pouvoir qui font stagner le club.

La relation trouvera finalement son rythme de croisière : Romeyer gère les affaires courantes, Caïazzo représente le club dans les instances nationales. Quand à Lyon, Aulas fait tout, tout seul, à Saint-Étienne, les tâches sont réparties. Ensemble ils vont imposer une gestion en bons pères de famille avec des dépenses maîtrisées en matière de transferts, des salaires limités et un coup de maitre : avoir donné les clés du sportif à Christophe Galtier, en 2009, après le licenciement d’Alain Perrin. Car si les deux présidents sont appréciés, c’est aussi grâce aux très bons résultats sportifs obtenus par leur entraîneur.

Cette réussite pourrait inspirer un club issu de la fusion … basque !!! Aussi polémique soit-elle, la fusion semble être la seule solution économiquement viable. Pour cela, les deux anciennes entités AB & BO se partageraient la gouvernance. En effet, La nouvelle association support, qui regroupera les Espoirs et le centre de formation, sera co-présidée par un représentant de l’Aviron Bayonnais et un du Biarritz Olympique. Ce choix, bien que décrié semble être la meilleure solution pour la pérennité du club. La nouvelle entité bénéficiera du 2eme budget de Pro D2 ( 15 millions d’euros), de deux stades de qualités ( Aguilera & Jean d’Auger ) et d’une équipe administrative complète ( jumelage de celle du BO et de l’AB).

Il semble donc difficile et préjudiciable d’attribuer la réussite d’un club sportif à un système de gouvernance en particulier. Chaque stratégie peut donner lieu à un succès story même si le 1er modèle reste le plus reconnu, notamment grâce aux clubs phares que sont l’OL et Toulon. Cependant, méfions nous car l’aspect « temps » semble être la variable la plus importante, le projet Rhodanien date de 1987 et celui de l’égocentrique Mourad, des années 2000…

Sportivement vôtre

Passionné de sport depuis le plus jeune âge, il berce encore mon quotidien. Éveillé par les multiples exploits sportifs de la fin du 20e siècle, j’ai très vite compris qu’aucune autre chose n’était capable de me donner cette sensation si extraordinaire.

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